lundi 13 février 2017

L'urgence de la lutte contre l'accaparement des terres agricoles

Les firmes multinationales ont depuis longtemps sécurisé leurs investissements dans nombre de pays en développement, via le support de sois-disantes politiques de développement dont la promotion est assurée par les Nations Unis et les fameuses agences de développement. Ces politiques agressives misent tout sur la croissance économique, un saint graal qui a donné donné lieu à une augmentation des inégalités sans précédent. Avec toujours plus de libéralisation et de croissance, on devait vaincre la pauvreté. Mais il n'en est rien, faute de la vaincre, on la déplace. L'expansionnisme des multinationales dans le secteur agricole a conduit à des villages entiers de populations qui se sont vues éjectées de leur terres en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie. Ces grands groupes s'enrichissent à des vitesses exceptionnelles, mais rien n'est redistribué aux populations, aux agriculteurs qui ne peuvent plus vivre de leur métier et à tous ceux qui se retrouvent victimes de cette exploitation injuste. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, ça n'arrive pas que "là bas", en témoigne Xavier Compain, responsable du secteur agriculture au conseil national du PCF qui décrivait aujourd'hui dans l'Humanité "l'urgence d'une réforme agraire internationale".

La lutte contre l'accaparement des terres agricoles est une cause qui nous concerne tous. C'est une forme moderne de colonialisme, qui permet à celui qui en a les resources, de s'accaparer nos campagnes. Comme l'explique Pierre Thomas, secrétaire général du Modef, "la terre doit rester prioritairement au service de la souveraineté alimentaire et ne doit pas devenir un objet de spéculation et de rente". La spéculation sur le foncier agricole est un danger qui requiert une prise de conscience généralisée et doit être combattue efficacement à tous les niveaux. Dans son projet de propositions La France en Commun, le PCF pointe vers une refonte complète de la Politique Agricole Commune (PAC), et cela afin d'assurer cette sécurité et souveraineté alimentaire. Et même au niveau international, "une nouvelle organisation mondiale pour l'alimentation doit s'affirmer, indépendante des logiques actuelles de l'OMC, du FMI et de la Banque Mondiale". Une lutte des classes est donc bel et bien en train de se jouer, entre les fonds financiers d'un côté, et les paysans de l'autre, accompagnés de tous ceux qui croient qu'une répartition des richesses agricoles équitable est possible, ainsi que le droit pour tous à une alimentation de qualité.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire